De la rouille digitale
Depuis quelques mois déjà, le centre commercial Ito Yokado de notre ville dispose d’un service de vente en ligne. C’est à vrai dire bien plus pratique que l’on ne pourrait le croire. Ce qui est étonnant c’est que les prix sont identiques à ceux pratiqués dans les rayons. En fait, les marchandises ne viennent pas d’un 倉庫 “”entrepôt du groupe Seven Eleven mais bel et bien du magasin de la ville. J’en ai d’ailleurs eu la preuve le weekend dernier. Il y avait un trio d’employés portant un 制服 “uniforme” différent de celui des autres employés. Le dos de la veste faisait la promotion du site de vente en ligne : “commandez de chez vous, livraison dans la journée”. C’est deux à trois かご “paniers” par chariot et listing des commandes en main qu’ils arpentaient les allées du magasin.
“There is no spoon”
Japon oblige, le service est impeccable. Ainsi, on n’en demande pas tant mais chaque pot de yahourt est accompagné de sa petite cuillère en plastique. Les marchandises sont si intelligement réparties que l’on soupçonne l’existence d’un manuel, si ce n’est une formation menée de senpai à kohai. Un jour, le 配達者 “livreur” nous avait même surpris en nous indiquant que l’un des produits commandés n’étant plus disponible, il avait pris la liberté de le remplacer par un autre produit équivalent sans aucune surcharge de la facture. Si le prix est un quelconque indicateur de la qualité du produit, il s’agissait là d’un produit nettement supérieur à notre 注文 “commande”.
De la rouille digitale
Mais le plus surprenant fut de découvrir l’histoire de notre livreur. Cette personne à qui l’on donnerait une cinquantaine d’année en a en fait bien plus que cela. Il devrait même être à la retraite et のんびり暮らす “se la couler douce” entre deux voyages sur les lignes de la JR à tarifs réduits. Ne recevant aucune notification concernant le versement de sa retraite, il alla se renseigner auprès des instances publiques. Certes, il avait momentanément interrompu sa cotisation à la 国民年金 “retraite du peuple” pendant deux ans, suite à une période plutôt maussade pour son commerce. Quel ne fut pas sa surprise quant il appris qu’il n’y avait aucune trace de ses cotisations. A cause de néglicences absurdes, son fichier s’était volatilisé dans l’éther digital pour rejoindre près de 50 millions de fichiers rongés par la rouille digitale. Il se retrouve donc forcé de travailler pour combler le blanc de deux ans tout en espérant que son fichier soit reconstitué à partir de ce tas binaire où les données d’homonynes côtoient celles d’anonymes.
Cet article a été posté le 24 01 2008 à 6:00 am. Il est classé dans les catégories suivantes : Société.
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Il fait donc partie des victimes de la perte de fichiers dont parle souvent Fukuda dans son mail-magazine.
D’ailleurs cela me surprend, dans un pays réputé pour la qualité de ses services, qu’une telle erreur aie pu arriver..
commentaire: 24 January 2008 — 6:47 | Lien permanent
Oui c’est très surprenant, surtout qu’une donnée numérique doit toujours être conservée au moins en double (et en plus c’est bien plus facile à faire et moins cher que des photocopies de papier).
J’ai aussi été très étonné de la perte de données aussi importantes.
commentaire: 24 January 2008 — 23:46 | Lien permanent
Hélas, j’ai comme l’impression qu’on ne saura jamais le fin mot cette histoire…
commentaire: 25 January 2008 — 5:00 | Lien permanent
Je crois que l’un des problèmes que va avoir a affronter le japon dans le futur est de rendre transparent son gouvernement et son administration. Ca va être difficile pour un pays qui a toujours été gouverné par des gens derrière la scène publique, et je crois que ça passera par un choix plus aiguisé des députés et un renouvellement de la classe politique.
commentaire: 26 January 2008 — 13:07 | Lien permanent
j’ai pas trop d’avis sur la bureaucratie japonaise ou autre. C’est terrible de se dire qu’après X années de boulot t’es enfin a la retraite et quand fait non. Comme quoi quand on fait pas son travail consciencieusement on sait jamais les répercussions que cela entraînent. Par contre si demain je peux m’éviter de faire les magasins ça m’intéresse!!!! Vivement ça en France (je sais je rêve en France on fera une taxe de transport avec un surcoût pour la retraite des députés et un frais de port à triple assurance obligatoire…. On a beaucoup d’imagination pour ça en France).
commentaire: 28 January 2008 — 8:25 | Lien permanent
Une taxe de transport pour la retraite des députés ???
Hmm, ici aussi on a régulièrement droit à des scandales au niveau de l’administration.
commentaire: 30 January 2008 — 5:38 | Lien permanent
Bonjour, j’ai cru comprendre que tu faisais aussi un podcast en japonais, mais je me trompe peut etre. Si oui, pourrais-tu m’indiquer la marche à suivre pour le télécharger? j’ai cherché, en vain.
J’apprends le japonais, et je suis arrivé à un niveau où je pense qu’il pourrait être interressant de suivre un podcast (en japonais).Je pense qu’il est, à priori , plus facile de suivre le podcast (en japonais) d’un français (parle moins vite, etc…). En connais-tu? Merci
commentaire: 22 February 2008 — 22:51 | Lien permanent
eh bein? je ne connaissais pas trop ce blog qui ma foi est passionant.. je le visite tout les jours depuis 1 mois, et pas un seul nouvel article T_T
Serais-je arrivé à la fin T_T
commentaire: 23 February 2008 — 6:20 | Lien permanent
Je suis pris par le boulot et ma famille.
Patience…
commentaire: 23 February 2008 — 9:38 | Lien permanent
Réponse à Corentin,
Je faisais bien un podcast en japonais mais ne l’ayant pas mis à jour depuis longtemps, je l’ai retiré de la page principale de la version japonaise de ce site. Si cela t’intéresse toujours, le flux RSS se trouve à http://podcast.commecadujapon.com/jp/
Sait-on jamais cela pourrait me motiver à le relancer sous la forme d’un podcast pour apprendre, si ce n’est découvrir la langue japonaise ensemble…
commentaire: 25 February 2008 — 5:18 | Lien permanent
Merci bien!
commentaire: 8 March 2008 — 23:55 | Lien permanent
ça serais cool un podcast pour apprendre le japonais !
commentaire: 19 March 2008 — 10:15 | Lien permanent
配達者 = haitassha ? non ??
commentaire: 1 May 2008 — 6:08 | Lien permanent
Je viens de vérifier et la bonne écriture semble bien être HaiTatsu Sha.
commentaire: 1 May 2008 — 6:14 | Lien permanent
Oui OK
Moi pour livreur je dis toujours 配達人.
Salut \(^o^)
commentaire: 1 May 2008 — 16:55 | Lien permanent
@nesu
Le service de livraison existe deja dans les grande agglomération, et dernierement sur Paris, une enseigne livre non plus a partir d’un entrepot, mais directement d’un magasin.
Dailleurs Carrefour (les plus cher) propose depuis environ 3 ans de faire sa liste de course et de venir l’a chercher toutes faites ensuite, ou de se l’a faire livrer à domicile!
En revanche niveau service, ça change beaucoup d’une enseigne à l’autre. Entre les retards pour les uns, le tres bon service “en général” pour d’autres, et le service par entreprise sous traitante manquant de professionalisme flagrant, c’est encore difficile de parler de service de qualité…
commentaire: 11 May 2008 — 17:49 | Lien permanent
Bonjour à tous,
Il s’est avéré que la perte de 50 millions de dossiers de retraite ne s’est pas faite en un jour. La perte a été graduelle au fur et à mesure de la mise à jour des systèmes informatiques de leur caisses de retraites. Ce qui s’est est tout simple : à chaque fois qu’il manquait certaines données, le dossier était tout simplement supprimé. Au bout de 20 ans, on est arrivé à ce désastre.
Ce qui me surprend le plus, c’est le manque de contrôle a posteriori et l’absence de copie de secours. Comme quoi ….
commentaire: 21 July 2008 — 17:26 | Lien permanent