Galette des Rois au Japon 日本語

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Alors que nous étions en train de faire les dernières courses avant la fermeture des magasins pour les 3 premiers jours de l’année, je fus surpris de trouver une galette des Rois dans la vitrine des pâtisseries du supermarché Universe de Hachinohe. On pouvait y lire en japonais une explication de cette coutume française, un argument de vente, mais aussi qu’à la place de la fève ils avaient glissé un éclat de noix. Ma première réaction fut bien sûr d’hurler au sacrilège, tout du moins dans ma tête, avant de me reprendre et d’en comprendre la raison. Déjà qu’avec les décès par étouffement au お餅 (OMochi) “gâteau de riz” du nouvel an, il était effectivement prudent de ne pas tenter les (Oni) “démons” avec une fève avalée par ignorance de la coutume. Mais à force de vouloir bien faire…

La cerise sous le gâteau

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Je me rappelle alors les subterfuges auxquels mes parents avaient recours afin que la couronne soit portée par chacun d’entre nous. L’envie de manger de la frangipane fit le reste et je pris la décision de partager cette coutume avec ma petite famille. Mais il n’y avait rien de pressant puisque お節料理 (OSechiRyouri) “la cuisine du nouvel an” nous tiendra au moins jusqu’au 3 janvier.

Quelques jours plus tard, nous repassons par le supermarché pour constater que la galette et son éclat de noix n’y sont plus. Qu’à cela ne tienne, si le supermarché avait des galettes alors il y en a forcément chez “le Souverain” pâtisserie française située à quelques centaines de mètres de là. Le Souverain ne déçoit pas. De belles galettes avec leurs fèves mises hors d’état de nuire dans de petites poches en plastique garnissent le haut de la vitrine. Ici aussi la coutume est expliquée et la fève remplacée par une cerise, qu’on espère pour le coup dénoyautée.

La part du pauvre

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Je procède à la découpe tout en priant que je ne tape pas dans la cerise-fève. Voilà, six parts plus ou moins égales donc plus ou moins gagnantes, comme dans mes souvenirs d’enfance. Nous sommes cinq mais selon un article glané sur le web, il semble que l’on coupait une part en plus pour un éventuel visiteur dans le besoin. En âme innocente de la famille, notre petite fille Marianne choisit à qui vont les parts. La distribution faite, nous entamons la dégustation à pleines dents pour Marianne et moi, tandis que les autres y vont des petites dents de leur cuillère-couteau.

Premier constat, la frangipane du Souverain est parfaite. Chacun surveille sa part autant que celle des autres pour s’assurer que la cerise ne soit pas avalée par mégarde, des fois qu’elle ne serait pas dénoyautée. Second constat, certains d’entre nous, c’est à dire Marianne et moi, ont respectivement déjà terminé leur frangipane et leur part, mais point de cerise pour nous. C’est dommage, j’aurais préféré mettre moi-même la fève de manière à ce que notre petite fille tombe dessus.

Ah ! Elle est bien bonne celle-là. Nous avons tous terminé nos parts et nous n’avons pas vu l’ombre d’une queue de cerise. Il reste quand même la part du pauvre. まさかそんな?! (MaSaKa SonNa) “Non, c’est quand même pas possible ?!”. Les 甘い物 (AmaIMono) “choses sucrées” n’étant pas le fort de ma famille japonaise, Marianne hérite de la frangipane tandis que je m’occupe de la croûte supérieure et du rebord. Mais rien de rien, pas même un éclat de noix !

Mon seigneur, je vous en prie !

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On en vient à se demander si nous n’avons pas compris de travers. Pour en avoir le coeur net, on téléphone au Souverain qui s’excuse de l’absence de la cerise et nous gratifie de la livraison d’une nouvelle galette à domicile ! C’est carrément le chef pâtissier du Souverain qui nous apporte la galette encore toute chaude d’être repassée au four et on s’excuse à tour de rôle pour le dérangement. Mais il n’y a bien que Marianne et moi qui soient partants pour attaquer la deuxième galette sur le champ.

Le lendemain, on remet les couverts et on entame le rituel. Premier constat, la lame du couteau sort rouge après la découpe de la deuxième part. Cette fois c’est bon même si on aura deux rois. Mais quelques parts de galette plus tard, et fou rire général dans l’assemblée à la vue de la lame qui ressort rouge pour la seconde fois. Ça nous fait donc deux cerises, deux couronnes mais quatre rois… La prochaine fois, c’est promis je libère la fève de son sachet plastique !

8 réponses

  1. Cile a écrit:

    Petite Marianne semble avoir hérité de la gourmandise de son français de père !
    La famille japonaise de ma fille n’est pas sucre non plus .. son ami dit que “ça ne fait pas viril d’aimer le sucre” ..
    Je ne sais si elle mangera une galette cette année .. c’est aussi une coutume qui lui manque un peu de la France .. c’est une gourmande ;)

    commentaire: 7 January 2008 — 19:40 | Lien permanent

  2. Kenji a écrit:

    Oui, je la comprends.

    Même s’il est possible de trouver à peu près n’importe quel produit français dans les grands magasins japonais, les prix font réfléchir à deux fois. Ne serait ce qu’au niveau des fromages, le prix à payer dépasse l’entendement dès lors que l’on oublie les fromages “français” adaptés pour le marché japonais.

    J’ai aussi la chance d’habiter pas trop loin d’un Carrefour (qui fut racheté par un grand groupe de la distribution au Japon).

    commentaire: 7 January 2008 — 21:16 | Lien permanent

  3. Jean de la Rochelle a écrit:

    C’était la cerise sur le gâteau … que de se faire livrer une seconde galette … Ah ! Kenji, Kenji, Kenji …
    Ravi de lire ce récit avec tes souvenirs d’enfance, les meilleurs;
    Bonne continuation fils

    commentaire: 8 January 2008 — 4:44 | Lien permanent

  4. Nesus a écrit:

    merci kenji tu m’as bien fait rire se soir! ;D par contre j’ai du mal a comprendre l’histoire de la fève tueuse mais bon pourquoi pas. Je me souviens que quand j’était petit j’en avais avalé une mais j’ai jamais entendu une histoire d’une personne qui s’étouffe avec une fève mais tout est possible…. allez bisous a tous et a bientot!

    commentaire: 19 January 2008 — 6:31 | Lien permanent

  5. Kenji a écrit:

    C’est relativement probable pour les très jeunes enfants ou les personnes agées. En tout cas c’est le cas avec le mochi mais c’est quand même plus gros et consistant qu’une fêve…

    On n’est pas aux Etats Unis mais c’est sans doute aussi une mesure destinée à éviter des attaques en justice.

    commentaire: 19 January 2008 — 6:48 | Lien permanent

  6. Adrienhb a écrit:

    Une frangipannée? Quel dommage… tellement meilleur sans… dommage les Japonais ne connaîtront pas ce délice…

    A.

    commentaire: 21 January 2008 — 7:51 | Lien permanent

  7. Tlax a écrit:

    Nouvelle fournée

    “je fut surpris ” (fus)
    “la vitrine des patisseries”(pâtisseries)
    “patisserie française située” (pâtisserie)
    “il y en forcément” (en a)
    “ne décoit pas” (déçoit)
    “la cerise-fêve” (fève)
    “à pleine dents” (pleines)
    “bien bonne celle là” (celle-là)
    “chaude d’être repassé” (repassée)
    “fou-rire” (fou rire)

    “代わりににチェリー” (un に en trop)
    “切るととナイフ” (un と en trop)

    commentaire: 23 March 2008 — 6:03 | Lien permanent

  8. Kenji a écrit:

    Merci !

    commentaire: 23 March 2008 — 6:41 | Lien permanent

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