Kawasaki, tonton bonbon

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Votre 17ème voyage stéréophonique est à destination de Kawasaki. Kawasaki se situe à quelques dizaines de minutes à partir de Tôkyô sur la 京浜東北線 (KeiHinTôHoku Sen) « ligne Keihin Tôhoku ». Dès la descente du train, une surprise vous attend. Tendez l’oreille. Un rythme inventif et véloce dévale les escaliers et s’engouffre dans les voitures. Vous le remontez à contre-courant pour découvrir un duo de joueurs de couteau qui martèlent まな板 (MaNaIta) « une planche à découper ». Envoûté par le rythme, vous continuez à vous approcher. L’un des couteaux entame un solo en tronçonnant une longue pâte blanche. Le rythme se colore et chaque coup de couteau s’ensuit d’une touche parfumée. Le solo se termine et c’est maintenant la coda qui monte en puissance. C’est le final et un soudain retour au brouhaha d’une ordinaire gare japonaise interrompu de temps à autre par le bruit d’une caisse enregistreuse. Si vous souhaitez faire cette expérience et en savoir plus sur le duo de couteaux de Kawasaki, appuyez sur play !

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Vous venez d’assister à la confection de さらし飴 (SaRaShiAme) « bonbon sirupeux blanc, allongé de nombreuses fois ». L’autre nom de ces bonbons est とんとん飴 (TonTon Ame) « tonton bonbons ». とんとん (TonTon) est une 擬声語 (GiOnGo) « onomatopée japonaise ». Elle correspond au bruit du couteau qui coupe les longues pâtes à bonbons utilisées pour le SarashiAme. C’est l’une des spécialités du confiseur 評判堂 (HyôBanDô) « Hyôban Dô (réputation + établissement) » installé à Kawasaki depuis 1862. A ses débuts la maison ne confectionnait que des 和菓子 (WaGaShi) « friandises japonaises » dont les principaux ingrédients sont différentes pâtes de pois ou du riz malaxé. Plus tard, l’artisan étend sa gamme de produit pour inclure des (AMe) « bonbons (faits avec du riz et du sucre d’orge) ». Le magasin obtient vite la reconnaissance des habitants de la ville et son propriétaire décide de changer le nom de sa boutique pour 評判屋 (HyôBanYa) « Hyôban Ya (réputation + maison) ». A la fin de la guerre le magasin s’agrandit et change une nouvelle fois son nom pour 評判堂 (HyôBanDô) « Hyôban Dô (réputation + établissement) ».

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HyôBanDô est connu pour ses とんとん さらし飴 (ToNToN SaRaShiAme) « bonbons sirupeux TonTon », plaisir du palais et des yeux. L’histoire veut que le propriétaire eut l’idée de ce « show » un jour qu’il s’amusait avec son épouse à danser au rythme とんとん (ToNToN) « des coups de couteaux » donnés pour couper du 海苔 (NoRi) « nori (algue) ».

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De nos jours, c’est le petit-fils qui occupe la position de 社長 (ShaChô) « patron » tandis que son père octogénaire opère en tant que 会長 (KaiChô) « président » mais aussi pour la confection de きなこ飴 (KiNaKoAme) « le bonbon à la poudre jaune Kinako (farine de soja sucrée) » pour lequel il n’a pas encore transmis son secret de fabrication. La pâte est réalisée à partir de 黒蜜 (KuroMitsu) « miel noir (sucre roux fondu) » ou 麦芽糖 (BakuGaTô) « sucre malt » mélangé au Kinako. Un bonbon au kinako réussi se distingue par son moelleux. Pour y parvenir, il faut notamment laisser la pâte se reposer pendant une journée.

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Quant au petit-fils, il s’occupe de la confection des 咳止め飴 (SekiDomeAme) « bonbons anti-toux » et des とんとんさらし飴 (ToNToN SaRaShi Ame) « bonbon sirupeux blanc ».

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A Hyôbandô, la confection d’une grande partie des bonbons est encore largement artisanale. De grandes baies vitrées permettent de suivre les différents bonbons, depuis la réalisation de la pâte jusqu’à l’emballage. La devanture est entourée d’étals derrière lesquels s’affairent des 売り子 (UriKo) « vendeuses ». Il faut dire que la compétition est plutôt intense puisque tout la zone est majoritairement occupée par deux types de commerce : les confiseurs et les marchands de Daruma.

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18 réponses à Kawasaki, tonton bonbon

  1. Yume dit :

    Depuis le temps que je l’attendais ^^
    Merci merci merci, encore une belle évasion !

  2. Kenji dit :

    Merci beaucoup Yume !

  3. Atchan dit :

    Enfin du JAPON où l’ on a simplement qu’ à écouter.
    Merci de nous avoir fait partager les tribulations d’ une petite fille qui découvre que c’ est bon ou ochii les bonbons

    Concernant tes cartes, je peux toujours essayer de les déposer à Paris au quartier d l’ opéra à coté des journaux franco-japonais gratuit.

  4. Stephan dit :

    Merci !
    C’est toujours aussi sympa, et je dirais même que le niveau de qualité est de mieux en mieux…
    Par contre je n’ai pas bien compris si le bruit de couteaux qu’on entend sur le podcast est celui des automates de la vidéo ou bien s’il s’agit vraiment des ouvriers ?

  5. Kenji dit :

    Atchan,

    Merci pour le commentaire et ton aide.
    Je vais prochainement t’envoyer un email pour les cartes.

  6. Kenji dit :

    Merci Stephan,

    Effectivement une précision est nécessaire.
    L’enregistrement dans le podcast n’est pas celui des mannequins mais bien de deux personnes qui oeuvraient dans la gare JR de Kawasaki.

  7. Atchan dit :

    Salut Kenji
    Content de pouvoir t’ aider.

  8. Merci Kenji pour ce voyage. C’est magique !!!
    J’ai cru entendre une petite fille dire : « je veux des bonbons ». En tout cas entendre vos voix, nous rapproche de chez vous.
    Actuellement nous sommes à Beynes, dans les Yvelines.
    Pour revenir à ces bonbons, ils n’ont quand même pas des carrières comme chez nous, enfin du côté de Montélimar ! des carrières de nougat :-) .
    Encore toutes mes félicitations pour ce Podcast.

  9. Kenji dit :

    Merci JdlR !

  10. christine dit :

    Bravo pour ce nouveau podcast que j’ai écouté avec beaucoup de plaisir ! J’aime beaucoup la façon dont tu arrives à plonger l’auditeur dans ces instants de Japon, le petit bruit du papier de bonbon froissé, les commentaires de la vendeuse, la bonne humeur ambiante, la magie « comme ça du Japon » a de nouveau opérée ^_^ Merci

  11. Kenji dit :

    Merci Christine !

    Cela fait plaisir de savoir que le podcast joue son role d’évasion sonore.

  12. tlax dit :

    Après la danse des couteaux, la danse des corrections!

    « une surprise vous attends » (attend)
    « à contre courant » (contre-courant)
    « Envouté par le rythme (envoûté)
    « vous continuez à vous approchez » (approcher)
    « des spécialités du confiseurs » (confiseur)
    « le magasin s’aggrandit  » (s’agrandit)
    « c’est le petit fils » « Quant au petit fils » (petit-fils)
    « son père octagénaire » (octogénaire)
    « se reposer pendant une journee » (journée)
    « A Hyoubando, » (Hyoubandou)
    « occupée par deux type » (types)

  13. Kenji dit :

    Que de fausses notes…
    Merci.

  14. Sam dit :

    Ton podcast est de grande qualité, j’èspere en entendre d’autres de ce pays où je rêve d’aller. Tu utilises quel micro pour tes enregistrements ?? Il à l’air vraiment bon.

  15. Kenji dit :

    Merci Sam.

    Pour les plus récents, j’utilise un enregistreur numérique stéréo 24 bit Edirol R-09 et un micro Sony ECM-MS907 pour les commentaires. Sinon avant j’utilisais un petit micro stéréo Sony ECM707 avec un baladeur mp3 de chez iRiver qui enregistrer en mp3.

    Voilà.

  16. Sam dit :

    Merci Kenji, un Edirol alors ;) Je me demandais bien d’où venais cette clarté dans les prises de son. Je sais quoi utiliser maintenant pour mes prochains enregistrement.
    Hâte d’écouter le prochain podcast. merci

  17. matifas dit :

    bonjour
    vous parlé de confiserie, s’avez comment les bonbons sont fabriqués ? De façon artisanale ?
    je suis artisan confiseur, en france et je suis interessé par les bonbons des autres pays.
    MERCI

  18. Kenji dit :

    Il y a quelques explications dans le fichier audio associé à cet article. Mais vous souhaitez peut-être en savoir plus ? Je vais voir ce que je peux faire et traiter le sujet dans un futur article.

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