Comment faire pour conduire au Japon 日本語 english

Vous êtes titulaire d’un permis de conduire délivré en France, et vous aimeriez bien faire quelques ballades dans le Japon en レンタカー (ReNTa Ka-) “voiture de location” ? Ce petit guide vous aidera à obtenir les papiers nécessaires pour conduire au Japon.

Tout d’abord, si vous êtes l’heureux détenteur d’un 国際運転免許 (KokuSaiUnTenMenKyo) “permis de conduire international” délivré en France, sachez que le Japon est une planête à part où votre permis n’est pas reconnu. Le Japon reconnait les permis internationnaux conformes à une 協定 (KyôTei) “convention” plus ancienne et abandonnée en France. Cependant, ne le jetez pas de suite car il y a une solution.

photo

La procédure à suivre pour obtenir le droit de conduire sur les routes nippones est relativement simple. Si vous êtes fraîchement arrivé sur le sol japonais avec un permis de conduire international reconnu, vous pouvez rouler de suite sans aucun problème… pour un an au maximum ! Ensuite, il faudrait sortir du pays pendant trois mois, obtenir un nouveau permis international reconnu par le Japon avant de pouvoir circuler à nouveau. Si votre permis de conduire est un permis international délivré en France, il faut d’abord faire 翻訳する (HonYaku SuRu) “traduire” votre permis. Je vous arrête de suite, il est inutile de m’envoyez la copie de votre papier rose ou de demander à votre voisin japonais. Il faut en effet faire traduire son permis par une autorité compétente, à savoir l’ambassade de France (prendre rendez-vous à la section consulaire au 03.5420.8885) ou par le bureau local de la JAF. En outre de votre permis, il faut vous munir de votre passeport (ancien et nouveau si nécessaire), de votre carte de résident d’étranger et de 3000 yens. Dans certains cas, on vous demandera de justifier d’une présence d’au moins 3 mois en France après la délivrance de votre permis. En général, la traduction sera terminée dans la journée, mais vous pouvez vous la faire envoyer pour 290 yens.

photo

Si la durée de votre séjour est inférieure à un an, vous pouvez conduire avec votre permis muni de sa traduction. Si vous avez séjourné plus d’un an au Japon, vous devez rentrer dans votre pays pour au moins 3 mois avant de revenir au Japon si vous souhaitez conduire avec une simple traduction. Vous vous dîtes sans doute que cela n’est guère pratique. Heureusement, il y a une seconde solution qui consiste à changer son permis de conduire pour un permis de conduire japonais. On appelle cela 外免切替 (GaiMenKiRiKaE) “permis étranger changer”. Il faut se rendre au 運転免許センター (UnTenMenKyo SenTa-) “centre de délivrance de permis de conduire” de sa circonscription en se munissant de son permis et sa traduction, les habituelles pièces d’identité, une photo d’identité 3×2.4 cm et d’environ 6000 yens. Je vous conseille de vous y rendre tôt le matin car les centres sont souvent bondés et les démarches peuvent éventuellement prendre une journée entière ! Aussi, l’application pour un nouveau dossier est souvent limité à quelques heures seuleument.

photo

Dirigez vous de suite vers le 案内所 (AnNaiJo) “point d’information” et demandez où se trouve le 窓口 (MadoGuchi) “guichet” en charge des changements de permis étranger pour un permis japonais. Vous aurez alors à remplir un formulaire ainsi qu’un questionnaire comportant des questions telles que “Avez vous déjà conduit sans permis de conduire ?”.

Une fois le formulaire rempli, il faudra patienter avant de passer au 視力検査 (ShiRyokuKenSa) “test de vision”. Vous pouvez aller acheter le 収入印紙 (ShûNyûInShi) “timbre fiscal” de 2400 yens en attendant. En principe, pour un permis de conduire délivré en France, vous n’aurez pas à passer l’examen de conduite qui se fait sur le circuit du centre (1100 yens). Vous passerez directement à l’étape suivante, la prise d’une photo d’identité pour votre futur permis de conduire japonais. Il faudra aussi payer 1750 yens de frais pour la constitution de votre permis. Enfin, on vous indiquera l’heure et l’endroit pour recevoir votre permis. Il faudra donc patienter à nouveau. Vous remarquerez sans doute que le centre de permis propose également des sessions de rappels sur la sécurité ou des cours de mise à niveau sur le code de la route.

photo

A l’heure indiquée, un agent viendra avec une pile de permis de conduire. Il les remettra par catégorie de véhicule tout en mentionnant les récentes modifications du code de la route. On vous indiquera par exemple que votre permis à point est valable pour deux ou trois ans (aux alentours de votre deuxième ou troisième anniversaire après obtention de votre permis pour être précis) et que vous êtes dispensé de mettre l’équivalent du sigle A rouge utilisé en France : la 初心運転者標識 (ShoShinUnTenShaHyôShiki) “marque d’apprenti conducteur (1 an)” qui est un logo représentant un empenage de couleur vert et jaune mais qui ressemble à une jeune feuille d’arbre. Il existe aussi un logo Senior, pour les personnes de plus de 70 ans, qui est similaire mais de couleur orange et rouge, comme les 紅葉 (Momiji) “feuilles d’automne”. Sachez aussi que 飲酒運転 (InShuUnTen) “l’alcool au volant”, même avec une limite bien inférieure à la France (0.15 mg contre 0.25mg pour le test éthylométrique). Autant dire que le moindre verre d’alcool vous coutera très cher : au minimum une suspension immédiate du permis et une belle amende. D’autre part, n’oubliez surtout pas de renouvelez votre permis avant sa péremption sans quoi vous devriez recommencer toutes les démarches. En fonction de votre “conduite” (nombre d’accidents et amendes), la validité de votre permis sera de 3 ou 5 ans. Sur ce, bonne route !

Les explications données dans cet article sont valables pour les 20 pays qui suivent : Autriche, Australie, Belgique, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Angleterre, Grèce, Italie, Islande, Irlande, Luxembourg, Hollande, Nouvelle-Zélande, Norvège, Portugal, Espagne, Suède et Suisse. Pour les possesseurs de permis émis par un autre pays, sachez qu’il vous faudra passer un test de connaissance du code de la route (disponible en anglais, chinois, coréen, espagnol, portugais et en perse) ainsi qu’un test de conduite.

16 réponses

  1. Nipponica Blogula a écrit:

    Salut Kenji, créateur du blog le plus sympa sur le Japon ! :) Je mentionne juste une petite erreur de frappe (il manque le “in”) à ShûNyûShi pour 収入印紙.

    En passant, ici à Nagareyama le 運転免許センター est très efficace et ça se déroule toujours très rapidement (dans mon cas pour renouveler le permis japonais, mais dans un cas comme dans l’autre ils sont très efficaces). J’y passe soit la matinée, soit l’après-midi, jamais la journée entière. Ca varie sûrement d’un Centre à l’autre…

    En passant, on t’a dit que notre préfecture (Chiba) se classe presque toujours parmi les trois premières au Japon pour le nombre d’accidents de la route ? Quand j’ai suivi mon cours le prof ne savait pas pourquoi, mais les stats sont très impressionnantes sur ce point…

    Alain

    commentaire: 10 December 2006 — 7:31 | Lien permanent

  2. Kenji a écrit:

    Bonjour Alain !

    J’ai corrigé la faute. Merci pour la relecture.

    J’y suis allé en semaine et j’en ai eu effectivement pour une matinée, mais sans doute que dans certains cas (test de conduite et autres) cela peut durer un peu plus longtemps.

    Je ne savais pas pour Chiba. Par contre, j’ai entendu que les conducteurs d’Osaka étaient plutôt gratinés. Une histoire de tempérament sans doute ;-)

    Lorsque je suis arrivé à Ichihara, je me suis dis qu’une voiture serait un plus indéniable. J’ai donc fait les démarches pour avoir mon permis japonais. Finalement, je n’ai toujours pas de voiture et je commence à me demander si cela vaut vraiment la peine d’investir… A la limite, il y a toujours moyen de louer un voiture pour une petite escapade pour les endroits non desservis par les trains ou les bus.

    commentaire: 10 December 2006 — 7:53 | Lien permanent

  3. Thomas a écrit:

    Merci pour cette très bonne explication.
    Le centre pour Kyoto est très loin et je n’ai aucun envie d’y passer la journée ! De plus, le train me suffit amplement !
    Il est assez facile de ne pas utiliser de voiture au Japon, mais c’est tout de même plus pratique pour les courses et un dimanche au bord de la 日本海 !

    Et je confirme, à Osaka, attention aux conducteurs… et aux piétons qui traversent sans attendre le feu bleu ! (oui, bleu comme on dit ici !).

    commentaire: 15 December 2006 — 15:17 | Lien permanent

  4. Kenji a écrit:

    Bonjour Thomas !

    Pour les courses, il y a une solution intéressante : 生協 (SeiKyô) “la COOP”. Ils font les livraisons à domicile et on peut commander depuis chez soi. Les prix sont à priori compétitif. En tout cas, c’est bien pratique pour les produits de première nécessité.

    commentaire: 16 December 2006 — 5:11 | Lien permanent

  5. Thomas a écrit:

    ASKUL, c’est aussi pratique pour ce qui est encombrant: le papier toilettes par exemple !

    commentaire: 16 December 2006 — 18:10 | Lien permanent

  6. Max a écrit:

    si je ne suis que de passage dans le pays, genre un mois, et que la folie de conduire me prend, comment marche la location ?
    Merci

    Max

    commentaire: 22 December 2006 — 12:59 | Lien permanent

  7. Kenji a écrit:

    Bonjour,

    C’est une bonne question.

    Je suppose que présenter sa carte de résident étranger et/ou son passeport en plus de son permis de conduire (traduction ou permis japonais) est suffisant pour pouvoir louer une voiture au Japon.

    Le mieux serait d’en faire l’expérience pour pouvoir répondre correctement. Dans un premier temps, je vais le noter sur ma liste de sujets.

    commentaire: 26 December 2006 — 5:53 | Lien permanent

  8. Yoann a écrit:

    Personne au Japon n’est au courant de la subtilité liée au permis français.

    Je suis allé au Japon récemment et ai donc demandé à ma femme d’appeler la JAF locale. Il lui a été répondu: “International veut dire international donc pas de traduction nécessaire”

    Arrivé au Japon, direction l’agence de location, aucune demande de traduction, juste passeport et permis français (j’avais le permis international sur moi) et hop comme une lettre à la poste, je suis reparti avec la voiture.

    J’ai été arrêté par la police pour un contrôle, l’agent a regardé mon permis international et m’a souhaité bon voyage.

    Ah par contre dans un train j’ai eu une amende de ¥500 pour m’être assis sur un siège réservé alors que mon billet n’avait pas de réservation dans un wagon de 50 sièges et ma femme et moi comme seuls passagers!!! Et il a fallu argumenter pour que je reste dans mon siège après avoir payé l’amende.

    commentaire: 14 January 2007 — 6:10 | Lien permanent

  9. Kenji a écrit:

    Merci pour ce petit témoignage.

    Je ne préfère pas tenter le diable, il suffit de tomber sur un policier qui connaît cette réglementation pour passer une très mauvaise journée avec probablement des conséquences sur les demandes de renouvellement de son visa…

    Pour l’amende de 500 yens, n’était ce pas simplement le prix à payer en surplus du billet régulier pour pouvoir monter dans cet express ? J’ai aussi commis la même étourderie mais on ne m’a jamais demandé une amende pour siége non réservée.

    commentaire: 17 January 2007 — 6:16 | Lien permanent

  10. kaz a écrit:

    Bonjour!

    J’ai trouve votre article tres amusant et tres bien explique, car
    j’ai fait la meme chose 外免切替 (GaiMenKiRiKaE) quand j’suis retourne au Japon il y a 8 ans apres le sejour de 5 ans en France.

    Un petit commentaire. On ne dit pas レンタルカー(rentaru ka-), mais レンタカー(renta ka-), n’est-ce pas?

    Kaz

    commentaire: 6 February 2007 — 18:14 | Lien permanent

  11. Kenji a écrit:

    Bonjour Kaz,

    Vous avez tout à fait raison pour レンタカー.
    Je vais corriger l’erreur.

    Merci !

    commentaire: 10 February 2007 — 0:21 | Lien permanent

  12. Fred a écrit:

    Bonjour et bravo pour votre site.

    J’ai l’habitude de louer une voiture lorsque je vais en vacances au Japon (une fois par an en moyenne) et que je souhaite me balader dans la campagne (dans les grandes villes, louer une voiture est vraiment à proscrire).

    Voici donc quelques précisions :

    Le permis international est en effet inutile.
    Pour faire une traduction de permis (c’est indispensable), il faut contacter l’ambassade de France à Tokyo ; il faut les appeler (le numéro de téléphone se trouve sur le site de l’ambassade… prenez en compte le décallage horaire : + 7 ou 8 heures selon la période de l’année…) et ils vous donneront les démarches précises à suivre. Ils sont très gentils, très fiables et rapides pour renvoyer la traduction. Il vous faudra notament une photocopie certifiée conforme de votre permis français, à faire certifier dans sa propre mairie ; attention, à la mairie, il faut évidemment préciser la raison de votre demande de certification, sinon, ils ne le feront pas (et de toute façon, ils vous regarderont avec un regard halluciné…). La traduction est ensuite valable un an.

    Quelques précisions utiles également une fois sur place : les voitures de location n’ont pratiquement jamais (pour ne pas dire jamais) de boîte manuelle : il faudra vous faire à l’automatique (on s’y fait très bien !). Et il n’y a pas de diesel non plus.

    En revanche, elles ont toutes le GPS… en japonais bien sûr. Mais vous pouvez demander à pré-programmer le retour (très pratique pour ne pas se perdre dans une zone aéroportuaire…) ; il suffit ensuite de suivre l’itinéraire indiqué sur l’écran.

    Pour effectuer le plein d’essence, c’est très simple, il suffit d’arriver dans une stations service… et ne rien faire d’autre : deux ou trois employés accourent instantanément pour mettre de l’essence, laver (toutes !) les vitres et vous aider à vous réinsérer dans la circulation ; le tout, sans pourboire (surtout pas!) ; c’est magique !

    Attention, les feux sont parfois peu évidents à voir : au milieu ou après le carrefour. En dehors des grandes villes et des autoroutes, les indications sont souvent 100 % japonaises. Et pour ne rien arranger, les cartes locales sont assez imprécises ; lorsque vous faites votre itinéraire, prévoyez gentiment 50 km/h de moyenne si vous ne prenez pas l’autoroute…

    Petit rappel également : au Japon, on roule du côté gauche…

    Au volant, les Japonais sont très cools, soyez le aussi et conduisez sans agressivité…

    Désolé d’avoir été un peu long mais je pense que ces quelques indications seront utiles à ceux qui veulent découvrir la (merveilleuse !) campagne japonaise ; et le faire en voiture est vraiment le meilleur moyen, d’autant que les prix de location sont très raisonnables.

    Fred.

    commentaire: 2 March 2007 — 1:26 | Lien permanent

  13. Kenji a écrit:

    Merci infiniment pour cet excellent commentaire !

    Ca me donne envie de tenter l’expérience. Peut-être quand il fera plus doux.

    commentaire: 2 March 2007 — 6:12 | Lien permanent

  14. Thomas B a écrit:

    Merci pour cet article tres instructif
    Je compte faire ces demarches tres bientot.
    Par contre je me pose une petite question, au centre des permis de conduire, tout est en Japonais ?
    Je me fais un peu de soucis en particulier pour les formulaires ou pour un quelconque test d’aptitude…
    Ca fait plus d’un an que je suis au Japon mais mon niveau de Japonais n’est toujours pas parfait (c’est le moins qu’on puisse dire).
    Merci d’avance
    Thomas

    commentaire: 5 April 2007 — 17:52 | Lien permanent

  15. Mireille a écrit:

    Bonjour de Sendaï
    J’ai effectivement obtenu nos 2 traductions de permis français à la JAF locale en 1/2h avec le sourire et 2×3000yens.
    Ca a bien marché à la location sur Shikoku à Kochi.

    Une petite précision concernant la conduite en voiture automatique
    Attention à ne pas jamais utiliser le pied gauche en conduisant une voiture automatique: mieux vaut le ranger sous le siège car sinon on a le réflexe de débrayer à fond avec… le pied gauche sur le frein!! et là c’est vraiment angoissant de piler au milieu d’un carrefour sans comprendre où est le problème!
    Mireille

    commentaire: 6 April 2007 — 18:27 | Lien permanent

  16. Sécurité routière au Japon » Comme ça du Japon a écrit:

    […] Le nombre 交通事故 (KôTsû JiKo) “d’accidents” de la circulation au Japon est en baisse constante depuis 6 ans. En 2006, il y a eu 6352 morts sur la route. Les personnes âgées de plus de 65 ans représentent à elles seules 44% des cas. C’est le taux le plus élevé qu’ai connu le Japon. Quand on sait aussi que d’ici 20 ans les plus de 60 ans représenteront près de la moitié des détenteurs de permis de conduire, il y a vraiment de quoi s’inquiéter. D’un autre coté les accidents causés par une 飲酒運転 (InShuUnTen) “conduite en état d’ivresse” ont reculé de 16.2% par rapport à 2005 avec 11625 cas, signe du succès de la politique “tolérance zéro” sur l’alcool au volant. Malheureusement, aucune réglementation ne saurait prévenir des tragédies comme celle du 25 décembre 2005 dans l’arcade commerciale de Sendai. […]

    Pingback: 15 July 2007 — 6:32 | Lien permanent

XHTML: Vous pouvez utiliser les tags suivants : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>