“Touche pas à mes titres !”
Le grand tribunal de la propriété intellectuelle a donné raison au 讀賣新聞 “journal Yomiuri” dans l’affaire qui l’oppose à la société デジタルアライアンス “Digital Alliance” concernant l’usage sans permission des 見出し “titres” du journal en ligne du 讀賣グループ “groupe Yomiuri”.
News en une ligne
La société Digital Alliance utilisait les 見出し “titres” des articles d’actualités publiés par ヤフー “Le portail japonais de Yahoo!”. Les actualités de Yahoo! Japon proposent des articles complets émanant de divers journaux dont le 讀賣新聞 “journal YomiUri”. Pour proposer ce service, Yahoo! Japon doit payer chacun de ces journaux. De son coté, Digital Alliance se contentait de faire des liens vers les articles complets sur Yahoo! Japon en utilisant les titres comme texte du lien. La société propose aussi ce service de 1行ニュース “News en une ligne” à toute personne disposant d’un site web. Le problème est que des publicités sont insérées parmi les titres qui défilent.
Droits d’auteurs pour une ligne ?!
Débouté en première instance, le 讀賣新聞 “le journal Yomiuri” a bénéficié d’un jugement favorable au 知的財産高裁 “Grand Tribunal de la propriété intellectuelle”. Cependant, les demandes du journal, à savoir 2480万円 “24 800 000 Yens” de dommages-intérêts et 差し止め “une interdiction” d’utilisation, n’ont pas été accepté telles quelles. Le Tribunal a estimé les pertes à 1万円 “10 000 Yens” par mois, soit au total 23万7千円 “237 000 Yens”, et il n’a pas prononcé d’interdiction à l’encontre de Digital Alliance.
Raisonnement
Une ligne peut-elle être protégée par les droits d’auteur ? Le raisonnement tenu par le tribunal fut le suivant : un titre est une courte phrase qui a pour but de transmettre de manière simple l’essentiel d’une information compliquée. Dès lors, il est naturel de penser que cela requiert un certain savoir-faire. Cependant, tout titre ne peut pas bénéficier de la protection des droits d’auteur et il faut considérer au cas par cas et juger en fonction de la nature des expressions utilisées.
Plus que la question des droits d’auteur, c’est la nature commerciale de l’offre de Digital Alliance qui fut considérée. Alors que Yahoo! paie pour afficher les articles, Digital Alliance profitait gratuitement de ce service pour générer un revenu. Le titre faisant partie de l’article, il est normal de penser qu’il a lui aussi une valeur marchande. C’est ce raisonnement là qui a conduit le juge à donner raison au journal Yomiuri.
Conséquences
On peut s’interroger sur les conséquences qu’aura ce jugement sur les nombreux services qui republient les titres voir tout ou partie des articles des blogs, et autres sites webs. Par exemple, il y a eu une levée de bouclier contre Technorati, un service qui publie les titres et les extraits des articles de nombreux blogs, lorsque des publicités insérées entre les différents extraits furent ajoutées. Cependant, contrairement au cas de Digital Alliance, Technorati n’utilise pas un flux RSS sans la permission de son auteur et permet, il me semble, de retirer son flux à tout moment.
Cet article a été posté le 13 10 2005 à 7:00 am. Il est classé dans les catégories suivantes : Actualités.
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Pourquoi 讀賣新聞 et pas 読売新聞 ? Le site du Yomiuri Shimbun utilise en effet cette dernière graphie.
commentaire: 13 October 2005 — 12:42 | Lien permanent
A comparer avec l'affaire AFP/Google aux Etats-Unis.
commentaire: 13 October 2005 — 14:26 | Lien permanent
Kenji, les verbes du premier groupe ne prennent pas de s à l'impératif, c'est donc "Touche pas à mes titres" =)
L'article lui-même est très intéressant, merci.
commentaire: 13 October 2005 — 22:33 | Lien permanent
Pour Jibeem :
En fait, j'ai écrit cet article suite à la lecture du journal Yomiuri (dans sa version papier). J'avais alors remarqué qu'il y avait deux écritures : 読売新聞 et 讀賣新聞. Je ne me suis pas trop posé de questions et j'ai utilisé cette écriture peu commune avec l'espoir de m'en souvenir pour briller dans les soirées mondaines
Après quelques petites recherches, 讀賣 est le 題字 du groupe 讀賣新聞. Il doit s'agir d'une écriture réservée aux documents officiels ou pour désigner le groupe Yomiuri.
Elle est l'oeuvre du célèbre calligraphe "印南渓龍(InNami KeiRi)" et date du premier juillet 1946. Il s'agit d'une forme d'écriture dite 隷書体 (ReiShoTai). On dit qu'il aurait écrit 100 versions de YomiUri sur une période de 3 jours.
Donc je ne suis pas certain que mon usage soit adéquat mais ça aura permis de découvrir ces petits détails intéressants.
Pour Frédéric :
Oui j'y pensais lors de l'écriture de cet article. Où en est le jugement ?
Pour Olive :
Merci, c'est corrigé. Il doit y avoir d'autres fautes mais je regarderai cela plus tard.
commentaire: 14 October 2005 — 0:09 | Lien permanent
C'est bien de debattre sur la facon d'ecrire les caracteres, mais faudrait faire aussi attention au romaji aussi
Midaishi Katte Ni Tsukauna.
Midashi Katte Ni Tsukauna
commentaire: 14 October 2005 — 13:34 | Lien permanent
Le blog d'Eric Goldman est la meilleure source d'informations pour suivre l'évolution du litige entre AFP et Google. Son dernier billet sur le sujet mentionnait le dépot d'un mémoire en réponse par Google.
(NDLR: commentaire reposté depuis les logs)
commentaire: 14 October 2005 — 15:24 | Lien permanent
Pour Bob :
L'erreur (et d'autres), à mettre sur le compte d'un réveil hâtif et partiel, est corrigée. Merci de me l'avoir signalé… Espérons qu'il n'en reste plus.
commentaire: 14 October 2005 — 15:29 | Lien permanent