“Peine de mort”
Le Japon est, avec les Etats-Unis, l’une des rares démocraties possédant encore 死刑 “la peine de mort” parmi ses mesures judiciaires. Selon une étude d’Amnesty International, il y a eu en 2003 au moins 1146 exécutions dans 28 pays et 2756 condamnations à mort dans 63 pays. Aussi, la Chine, les Etats-Unis, l’Iran et le Viêt-nam représentaient 84% des exécutions. Cependant, les chiffres officiels concernant la Chine sont très certainement loin de la réalité. Le nombre d’exécutions est estimé à plus de 10000 par an. En ce qui concerne le Japon, il y a eu 43 exécutions entre 1993 et 2004. Tous les condamnés à mort étaient coupables de meurtres aggravés ou de vols qualifiés avec homicide. Il est à noter qu’aucune exécution n’a eu lieu entre 1989 et 1993. Le ministre de la Justice alors en place s’était abstenu de signer les ordres d’exécutions.
Les crimes pour lesquels la condamnation à mort peut être prononcée sont au nombre de 17. Y figurent bien sûr les homicides mais aussi les crimes de déraillements ou de naufrages volontaires ayant entraîné la mort. Les condamnés à mort sont isolés des autres 囚人 “détenus”. Le directeur de l’établissement a tous droits concernant les autorisations de visite aux condamnés à mort. Dans la pratique, le droit à la visite est, sauf cas particuliers, accordé aux membres de la famille, aux 弁護士 “avocats”, etc. Les condamnés à mort ne connaissent pas le jour de leur exécution. Tous les matins les 看守 “gardiens” sont susceptibles de venir chercher les condamnés à mort pour les emmener, littéralement, à la potence. L’angoisse se fait parfois très longue, plus de 10 ans d’attente pour certains. La famille n’est jamais prévenue à l’avance car “elle subirait des souffrances morales inutiles et pourrait ne pas être en mesure de se contrôler lors de ses visites au détenu”. La famille est donc notifiée après 死刑執行 “l’exécution de la peine capitale” et le corps, ou les cendres, sont remis à la famille.
Les résultats de la dernière enquête concernant le système législatif du Japon (réalisée en décembre 2004, publiée le 19 février 2005) révèlent que 81.4% des japonais sont “pour” la peine de mort. C’est la première fois que la barre des 80% est franchie. Aussi, 70.6 % des interrogés ont estimé que les droits des 被害者 “victimes” ne sont pas suffisamment respectés au travers du système législatif actuel. 犯罪の増加 “L’accroissement de la criminalité” durant ces dernières années est sans doute à l’origine de cette progression de 7.5 points par rapport à 1999.
68.3% des 3000 participants (hommes et femmes de plus de 20 ans) ont répondu à la partie concernant la peine de mort. La réponse “en fonction des circonstances, il n’y pas d’autres choix que la peine capitale” représente 81.4% contre 6.0 % pour la réponse “quelque soit les circonstances, il faut 廃止 ‘abolir’ la peine de mort”. Les principales raisons justifiant le choix des partisans de la peine de mort sont les suivantes: “Un crime odieux ne peut être puni que par la mort” avec 54.7 %, “Abolir la peine de mort entraînerait une augmentation de la criminalité” avec 53.3 %, “Sans peine de mort, la peine des proches de la victime ne s’apaisera pas” avec 50.7 %. Du coté de l’opposition, les principales 理由 “raisons” sont : “Il faut que le coupable s’expie de son crime” avec 50.4 %, “S’il y a eu une erreur judiciaire, il est impossible de revenir en arrière” avec 39.0 %, “Même l’Etat n’a pas le droit de tuer” avec 35.0 %.
Compte tenu de l’écrasante majorité des partisans de la peine de mort, on comprend que le
政府 “gouvernement” japonais est plutôt hésitant quant à la ratification du protocole visant son abolition. Aussi, les dirigeants estiment qu’il s’agit là d’un problème d’opinion publique avant d’être un problème d’ordre international.
Kanji vade-mecum
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死, 歹 et 人 = “Les fragments d’os éparpillés d’un homme mort”
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刑, à l’origine la partie gauche était 井 + partie droite 刀 : “Entre quatre murs, le bourreau avec son sabre punit le prisonnier. D’où le sens de punition, sanction et châtiment”
Cet article a été posté le 19 02 2005 à 12:30 pm. Il est classé dans les catégories suivantes : Société.
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Ce debat est donc apparemment loin d'etre clos.
Personnellement, je me suis souvent demande pourquoi la peine de mort continuait d'etre prononcee (et appliquee) au Japon, mais d'apres cet article, c'est parce que le peuple japonais le souhaite.
J'ai le sentiment que les Japonais ont un rapport a la mort fort different des Occidentaux…
commentaire: 2 March 2005 — 21:38 | Lien permanent
A la mort, ou à la vie, pour les occidentaux ils s'agit de "rapport"
a mon humble avis pour les japonais cela va bien au delà du simple "rapport" il s'agit de valeurs
"Sans peine de mort, la peine des proches de la victime ne s'apaisera pas"
Le symbole de la justice etant une balance, c'est juste une question d'equilibre.
De plus vu les conditions de detention au japon, cela vaut peut etre mieux dans le cas d'une trop longue peine.
"montres moi tes prisons je te dirait qui tu es"
les "coups de pieds au culs qui se perdent" ca existe pas au japon ^^;
commentaire: 4 March 2005 — 23:10 | Lien permanent
Effectivement, comme le dit Fred, la différence doit se situer au niveau de l'importance des valeurs. L'histoire du Japon est assez unique à ce niveau là.
commentaire: 5 March 2005 — 0:13 | Lien permanent
81.4% des japonais sont "pour" la peine de mort.c chot en tout ca je suis contre mais l'histoire joue vraiment un role ou c parsk c strikt .
c dure .
commentaire: 6 March 2005 — 18:37 | Lien permanent