Le 9 mars 1945 vers 22h30 quelques B29 s’apprêtent à pénétrer l’espace aérien de 東京. L’alerte aussitôt donnée, les habitants se réfugient dans les 防空壕 “abris” mais les forteresses volantes américaines font demi-tour. C’est sans doute avec un certain sentiment de soulagement que les habitants de Tôkyô se sont endormis cette nuit là.
Soudain, des cris 火事、火事だ! “Au feu ! Au feu !” se font entendre au coeur de 東京 dans le quartier 下町. En ces temps troublés, les cauchemars, reflets de la dure réalité quotidienne, hantent les esprits nuit et jour mais le bruit strident caractéristique ne laisse plus le moindre doute. Il s’agit d’un bombardement. Pourtant, les sirènes sont muettes. Chacun se réfugie dans les 防空壕 “abris”, simple trou recouvert d’une plaque.
Le bombardement s’intensifie mais les bruits d’explosions sont plus sourds que les autres fois. Intrigués, de nombreuses personnes sortent des abris. La ville est en feu ! Il semble alors prudent de sortir de l’abri et de se réfugier soit dans les quelques bâtiments de béton, soit dans la rivière toute proche.
Or, cette nuit là, un vent très fort, de l’ordre des 20 à 30 mètres par seconde, attisait les flammes. Ce sont de véritables tornades de feu qui envahissent les bâtiments de béton. Les personnes venues s’y réfugier, sont asphyxiées.
Ceux qui s’étaient jetés dans les rivières pour fuir la fournaise, ne sont pas épargnés. En effet, L’eau de la rivière est glaciale et de nombreux enfants et personnes âgées meurent de froid.
L’attaque fut menée à 00h08 par 344 B29 emportant le strict nécessaire en kérosène afin d’embarquer 2000 tonnes de bombes. Les premiers appareils larguèrent des dispositifs de brouillage pour mettre hors fonction le système de détection d’intrusion japonaise. Dans le but d’augmenter la précision du bombardement, les B29 volaient à basse altitude. Le premier escadron largua du napalm dans le but de couper toute retraite. Ensuite, les autres escadrons entamèrent le bombardement avec des bombes incendiaires. Les bombes utilisées furent spécialement conçues contre les habitations japonaises, encore majoritairement en bois à l’époque. Le bombardement dura 2 heures et 30 minutes. Il est dit aussi que les tourelles mitrailleuses des forteresses volantes furent utilisées contre les civils tentant de fuir.
C’est un peu plus d’un tiers de 東京 soit 40km2 qui furent ravagés par le feu. Les pertes humaines s’élevèrent à 10万人 “100000 personnes” et autant de blessés ou grands brûlés. Le nombre de bâtiments anéantis par les flammes dépassa 270000.
En 1985, le gouvernement japonais instaura 東京大空襲集会記念 “le jour du souvenir du grand bombardement de TôKyô”, afin de ne pas oublier l’importance de la paix et les atrocités de la guerre.