“pommes de terre, mijoter, assemblée”
Dans la région du 東北 “nord-est” du Japon, entre septembre et novembre, on peut voir de nombreuses personnes se réunir autour d’une marmite aux bords des rivières. Il s’agit d’un 芋煮会, une dégustation de “bouillon” dans la nature entre amis, collègues ou camarades de classe. C’est une spécificité locale qui est surtout pratiqué dans les départements de 宮城 et de 山形. Selon les régions, les recettes diffèrent mais elle gardent toutes un point commun : l’utilisation de 芋 pommes de terre. Pour la région de 宮城, on utilise des じゃがいも “pommes de terre classiques” et de la viande de porc avec un assaisonnement au 味噌 “pâte de soja” qui fond dans le bouillon. Dans le cas de 山形, les principales différences sont l’utilisation de viande de boeuf, de 里芋 “pommes de terre ‘taro’” et l’assaisonnement qui est au 醤油 “sauce de soja”.
Le 里芋 “taro ou dachine” se présente sous la forme d’un tubercule dont le goût rappelle celui de la pomme de terre avec une touche de châtaigne. Le tubercule change de couleur en fonction de la durée de la cuisson et passe successivement de la couleur blanche à jaune puis mauve et finalement gris. La texture est légèrement gluante et fondante. Enfin, ce tubercule est servi lors des mariages en Chine, son pays d’origine.
Concernant 山形, le 日本一の芋煮会フェスティバル “le festival du plus grand Imonikai au Japon” a lieu le premier dimanche du mois de septembre et ce depuis 平成元年 “la première année de l’ère actuelle HeiSei”, c’est à dire depuis 1989. Une gigantesque marmite de 6 mètres de diamètre est spécialement construite pour l’occasion. Le tout est opéré mécaniquement avec notamment une grue pour soulever le couvercle de la marmite. La liste des ingrédients est également effarante. Jugez plutôt, voici la recette pour 30000 personnes :
- eau : 6 tonnes,
- bois de chauffe : 6 tonnes,
- sauce soja : 770 litres,
- viande de boeuf : 1,2 tonnes
- poireaux : 3500,
- sucre : 200 kg,
- “pommes de terre” taro : 3 tonnes
- etc…
Il y a deux hypothèses quant à l’origine de cette coutume. La première s’appuie sur le fait que la récolte des 里芋 “pommes de terre ‘taro’” et celle du riz coïncidaient, ce qui constituait alors une bonne excuse pour fêter la fin de la moisson avec un bon bouillon de légumes. La seconde explication relate que des bateliers avaient pris l’habitude de se réunir autour d’une marmite en attendant l’arrivée des péniches aux débarcadères. Quoiqu’il en soit la coutume est tellement pratiquée que même les コンビニ “convenience store (supérettes)” vendent du bois de chauffe ainsi que des sets 芋煮会. Le matériel nécessaire est également proposé en location pour la journée.
Cet article a été posté le 8 10 2004 à 1:30 pm. Il est classé dans les catégories suivantes : Art culinaire.
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