ChakuUTa versus ChakuMeRo

68% des japonais possèdent un téléphone portable (mars 2004).

Plus de 68 % de la population japonaise est équipée en téléphone portable. Système de navigation GPS avec guide vocale, consultation de sites internet, écran 3D, tuner TV intégré, lecteur de fichiers audio mp3, vidéo conférence, lecteur des codes barres QR-code à deux dimensions, appareil photo numérique, jeux 3D, jeux en ligne, porte monnaie electronique… Les 携帯電話 (KeiTai DenWa) “téléphones portables” japonais sont capables de tout ou presque. Cette année, la mise en place d’un nouveau service de 着信 (ChakuShin) “Signal d’appel, d’arrivée de message” a fait pas mal de bruit récemment. Il s’agit de 着うた (ChakuUTa) “(signal d’)appel/arrivée chanson”, un service de téléchargement de sonneries en qualité CD des derniers hits musicaux. Jusqu’à présent il n’y avait que des 着メロ (ChakuMeRo) “(signal d’)appel/arrivée mélodie”, c’est à dire des sonneries polyphoniques. Le service 着うた (ChakuUTa) est sous la coupe des maisons de disques telles que Sony Music (Asian Kung-Fu Generation, Dreams Come True), Avex Group (Ayumi Hamasaki, Every Little Thing), EMI records (Utada Hikaru). Le prix d’une sonnerie est dans les 100 yens. De l’autre coté les 着メロ (ChakuMeRo) sont disponibles auprès de différentes sociétés pour environ 10 yens par sonnerie. Une partie du prix sert à payer les droits d’auteurs mais la maison de disque de l’artiste ne reçoit évidemment rien. C’est pour cette raison bien précise que le service 着うた (ChakuUTa) est né. Une bonne partie des 100 yens va directement dans la poche des maisons de disques tandis que l’artiste ne perçoit que des miettes. Les sociétés de 着メロ (ChakuMero) “sonneries polyphoniques” ont entamé des démarches judiciaires pour monopole anti-concurrentiel. Il semble que les maisons de disques refusent plus ou moins de mettre à disposition leurs catalogues à d’autres sociétés qui souhaitent revendent de telles sonneries. Cette stratégie permet aux maisons de disques de maintenir artificiellement des prix élevés.

Avec une soi-disante baisse des ventes des disques attribuée aux logiciels de partage de fichiers, les maisons de disques n’hésitent pas à saisir toutes les opportunités. Ainsi, sur le site de Sony Music Japan les vidéos sont téléchargeable pour 105 yens. Aussi, les disques protégés contre la copie sont en passe de devenir la norme au Japon. Cela ne serait pas gênant dans la mesure où les droits du consommateur étaient respectés. Ce n’est malheureusement pas le cas. Il est impossible de jouer le CD dans un lecteur d’ordinateur, sans parler de l’impossibilité de créer des fichiers audio pour un lecteur numérique. A noter qu’avec un peu d’effort rien n’est réellement impossible mais que des nouvelles lois rendent cela illégal. Tout porte à croire que les maisons de disques se moquent royalement de leurs clients, sans parler des groupes sous contrat. Il faut espérer que des actions comme celle du groupe UFC contre la FNAC et EMI portera ses fruits et donnera des idées à d’autres groupes de défense des consommateurs. Cette action a d’ailleurs été saluée par de nombreux sites oueb américain et japonais. En attendant, boycottons les CCCD qui nous privent de notre liberté d’écouter la musique de la manière qui nous plaît.

Une réponse

  1. Le Japon en quête de baby boom » Comme ça du Japon a écrit:

    […] SoftBank est une société jeune et dynamique qui est connue pour avoir démocratiser l’accès internet à haut débit avec son offre Yahoo!BB et pour avoir récemment racheter Vodaphone Japan (anciennement JPhone et maintenant SoftBank Mobile), un des trois acteurs majeurs de la téléphonie mobile de l’archipel. SoftBank a donc présenté ses nouvelles 少子化対策 (ShôShiKaTaiSaku) “mesures contre la baisse de la natalité” . Jusqu’à présent les primes de naissances évoluaient entre 3000 et 15000 yens principalement en fonction de l’ancienneté de l’employé. Le nouveau système annonce une hausse très importante des primes de naissance. Ainsi les primes seront fixes pour les employés ayant servis la société pendant moins d’un an (20000 yens) et proportionelles en fonction du nombre d’enfants pour les autres employés : 50000 yens pour le premier enfant, puis 100000, 1 million, 3 millions et 5 millions de yens pour un cinquième enfant. Mais surtout, la société a annoncé une série de mesures pour soutenir les parents : 6 semaines de congés payés avant la naissance et 8 semaines après la naissance, possibilité de prendre des congés pour la première année, congés préscolaire, 5 jours de キッズ休暇 (KizZu KyûKa) “congés enfants” par an jusqu’à la fin de l’école primaire, possibilité d’écourter de 2 heures ses horaires de travail pendant la grossesse… Enfin, SoftBank Mobile offrira à chaque enfant un téléphone portable ainsi que 基本料金の免除 (KiHonRyôKin No MenJo) “la gratuité de l’abonnement”. Cela m’a fait rire mais au final c’est une manière assez futé d’augmenter sa base d’utilisateurs, non ? tags:Japon […]

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