
Plus de 68 % de la population japonaise est équipée en téléphone portable. Système de navigation GPS avec guide vocale, consultation de sites internet, écran 3D, tuner TV intégré, lecteur de fichiers audio mp3, vidéo conférence, lecteur des codes barres QR-code à deux dimensions, appareil photo numérique, jeux 3D, jeux en ligne, porte monnaie electronique… Les 携帯電話 « téléphones portables » japonais sont capables de tout ou presque. Cette année, la mise en place d’un nouveau service de 着信 « Signal d’appel, d’arrivée de message » a fait pas mal de bruit récemment. Il s’agit de 着うた « (signal d’)appel/arrivée chanson », un service de téléchargement de sonneries en qualité CD des derniers hits musicaux. Jusqu’à présent il n’y avait que des 着メロ « (signal d’)appel/arrivée mélodie », c’est à dire des sonneries polyphoniques. Le service 着うた est sous la coupe des maisons de disques telles que Sony Music (Asian Kung-Fu Generation, Dreams Come True), Avex Group (Ayumi Hamasaki, Every Little Thing), EMI records (Utada Hikaru). Le prix d’une sonnerie est dans les 100 yens. De l’autre coté les 着メロ sont disponibles auprès de différentes sociétés pour environ 10 yens par sonnerie. Une partie du prix sert à payer les droits d’auteurs mais la maison de disque de l’artiste ne reçoit évidemment rien. C’est pour cette raison bien précise que le service 着うた est né. Une bonne partie des 100 yens va directement dans la poche des maisons de disques tandis que l’artiste ne perçoit que des miettes. Les sociétés de 着メロ « sonneries polyphoniques » ont entamé des démarches judiciaires pour monopole anti-concurrentiel. Il semble que les maisons de disques refusent plus ou moins de mettre à disposition leurs catalogues à d’autres sociétés qui souhaitent revendent de telles sonneries. Cette stratégie permet aux maisons de disques de maintenir artificiellement des prix élevés.
Avec une soi-disante baisse des ventes des disques attribuée aux logiciels de partage de fichiers, les maisons de disques n’hésitent pas à saisir toutes les opportunités. Ainsi, sur le site de Sony Music Japan les vidéos sont téléchargeable pour 105 yens. Aussi, les disques protégés contre la copie sont en passe de devenir la norme au Japon. Cela ne serait pas gênant dans la mesure où les droits du consommateur étaient respectés. Ce n’est malheureusement pas le cas. Il est impossible de jouer le CD dans un lecteur d’ordinateur, sans parler de l’impossibilité de créer des fichiers audio pour un lecteur numérique. A noter qu’avec un peu d’effort rien n’est réellement impossible mais que des nouvelles lois rendent cela illégal. Tout porte à croire que les maisons de disques se moquent royalement de leurs clients, sans parler des groupes sous contrat. Il faut espérer que des actions comme celle du groupe UFC contre la FNAC et EMI portera ses fruits et donnera des idées à d’autres groupes de défense des consommateurs. Cette action a d’ailleurs été saluée par de nombreux sites oueb américain et japonais. En attendant, boycottons les CCCD qui nous privent de notre liberté d’écouter la musique de la manière qui nous plaît.
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