真夏日
Sous l’influence des récents 台風 “typhons”, la canicule semble enfin toucher à sa fin. L’été 2004 fut particulièrement étouffant. Plus que la température de l’air, c’est surtout le haut taux d’humidité du Japon qui rend l’été insoutenable aussi bien de jour comme de nuit. L’expression 蒸し暑い “chaleur étouffante” résume bien la situation car 暑い signifie “chaleur” et MuShi vient du verbe 蒸す “cuire à la vapeur, étuver”. Les 真夏日 “jours de plein été (température maximale dépassant les 30 degrés)” se sont succédés pendant plusieurs semaines sur toute l’archipel Nippone. 東京 a même établi un nouveau record avec 40 jours de 真夏日 successifs. L’ancien record était de 37 jours en 1995. N’oublions pas le nouveau record de température pour 東京 qui a été enregistré le 20 juillet avec 39.5 degrés celsius.
Si de nos jours plus de 88% des foyers japonais sont équipés de エアコン “climatiseurs”, il fallait évidemment recourir à d’autre moyens comme par le passé pour combattre la chaleur. L’un de ces moyens, encore utilisé de nos jours, est 団扇 “l’éventail”. Des éventails salvateurs, bien que publicitaires, sont distribués gratuitement en centre-ville pendant la canicule. C’est, il est vrai, moins classe qu’un 扇子 “éventail pliable” qui est également utilisé pour les danses folkloriques ou lors de 茶道 “cérémonie du thé”. Lors des fêtes ou pour les 花火大会 “spectacles pyrotechniques”, les japonaises aiment porter des 浴衣 et certains japonais portent des 甚兵衛. Un Yukata est un Kimono léger en coton qui se porte en été ou dans des 旅館 “hôtels traditionnels japonais” en guise de robe de bain ou robe de chambre. Le 甚兵衛 est le diminutif de 甚兵衛, un vêtement de l’ère Edo composé de deux pièces, un pantalon court et un haut à l’origine sans manche. La version moderne de ce vêtement est à manches larges et courtes. Les 下駄 “chaussures japonaises de bois, chaussées pieds nus” sont évidemment de rigueur.
Abordons maintenant les idées mises en pratique pour rafraîchir l’intérieur des maisons japonaises. Le store au Japon, 簀の子 , se présentait sous la forme d’un panneau ajouré consitué de lamelles de roseau ou de bambou. C’est encore très utilisé de nos jours et assez efficace quand il n’est pas possible de faire des courants d’air. Une autre méthode qui s’appelle 打ち水 “arroser” est sans doute la plus pittoresque. Elle n’est cependant plus employée de nos jours. Cela consistait à arroser, à grands jets de seaux d’eau, la rue en face de sa maison. Tout le voisinage participait, si bien que la température descendait temporairement de quelques degrés. Enfin, il existe une dernière solution, plus “poétique”. Il s’agit de 風鈴, une petite cloche en verre ou en céramique qui tinte au moindre coup de vent. Quel est donc le rapport entre combattre la chaleur et le son d’une cloche ? En fait, le doux son de la cloche aide à endurer, moralement à défaut de physiquement, la chaleur étouffante du Japon. Contre toute attente, ce n’est pas la retranscription d’un dépliant commercial. Alors débranchons les climatiseurs qui ne font qu’empirer la situation à l’extérieur et écoutons la douce mélodie d’une 風鈴. Hmm, c’est finalement un peu trop idéaliste et digne du dépliant commercial !
Cet article a été posté le 18 08 2004 à 5:00 pm. Il est classé dans les catégories suivantes : Culture, Société.
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